DSDP/IPOD et le Glomar Challenger

Le Deep Sea Drilling Project (DSDP) est l’ancêtre des grands programmes internationaux de forages océaniques scientifiques qui sont menés depuis plus de 40 ans. Ce programme a été conduit de 1968 à 1983 et a permis de grandes avancées scientifiques dans le domaine des Sciences de la Terre et de grandes avancées technologiques dans le domaine des forages océaniques.

Le navire de forage D/V Glomar Challenger

Les opérations du programme DSDP sont coordonnées par la Scripps Institution of Oceanography de l’Université de Californie à San Diego et menées à bord du D/V Glomar Challenger, un navire spécialement construit pour les forages océaniques scientifiques. Le nom de ce navire fait référence à son opérateur, la Global Marine Incorporation, et à la corvette HMS Challenger, le navire ayant réalisé en 1872-1876 la première expédition scientifique marine (l’expédition Challenger). Les opérations de ce programme sont financées par la National Science Foundation (NSF) et planifiées par la Joint Oceanographic Institutions for Deep Earth Sampling (JOIDES), un consortium regroupant plusieurs institutions académiques américaines.

Entre 1968 et 1975, le programme est essentiellement piloté par les Américains. En 1975, l’Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni, l’Union Soviétique et la France intègre le programme DSDP au côté des Etats-Unis. Le programme change alors de nom pour devenir l’International Phase of Ocean Drilling (IPOD). En Septembre-Novembre 1983, le Glomar Challenger réalise sa dernière expédition de forage dans le Golfe du Mexique. Il sera remplacé en Janvier 1985 par le navire foreur JOIDES Resolution dans le cadre du nouveau programme ODP (Ocean Drilling Program).

Carte des forages DSDP/IPOD

Au cours du programme DSDP/IPOD, le Glomar Challenger a effectué 96 expéditions (Legs) et a foré 1092 puits répartis sur 624 sites dans les océans Indien, Pacifique et Atlantique ainsi que dans la Mer Rouge et dans la Mer Méditerranée. Environ 19000 carottes (représentant environ 10 km de roches) ont ainsi été prélevées et ce sous une profondeur d’eau maximale de 7000 m dans la fosse des Mariannes (Leg 60 – puits 461A) et avec une profondeur maximale de 1740 m sous le plancher océanique. L’ensemble des rapports (en anglais) de ces expéditions est disponible en ligne (http://www.deepseadrilling.org/i_reports.htm).

Schéma montrant comment les forages océaniques scientifiques ont permis de valider l’hypothèse de l’expansion des fonds océaniques

Le programme DSDP a été un grand succès. D’un point de vue scientifique, il a permis de confirmer la théorie de la tectonique des plaques et a fourni des données cruciales pour valider les hypothèses de l’expansion des fonds océaniques et de l’asséchement de la Mer Méditerranée au Messinien (crise de salinité Messinienne). D’un point de vue technologique, il a permis de développer des techniques de ré-entrée (utilisation de sonars et de cônes de ré-entrée) et de carottage (développement du carottage par piston hydraulique) et de réaliser des mesures géophysiques et géochimiques pendant et après le forage.

Si vous voulez plus d’informations sur le programme DSDP et ses expéditions, vous pouvez consulter le site de ce programme (en anglais). Si vous voulez plus d’informations sur la structure de ce programme, vous pouvez consulter la partie scientifique de notre site.