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Structure

Avant IODP

Avant l’avènement de l’International Ocean Drilling Program (IODP), plusieurs programmes de forage océanique scientifique se sont succédés et ont conduit à de grandes avancées scientifiques et technologiques dans les domaines des Sciences de la Terre et des forages océaniques : le Deep Sea Drilling Project (DSDP) de 1968 à 1983, l’Ocean Drilling Program (ODP) de 1985 à 2003 et l’Integrated Ocean Drilling Program (IODP) de 2003 à 2013. L’ensemble de ces programmes avait pour vocation l’étude de la structure et de l’évolution de la Terre. Vous trouverez ici une description de la structure administrative et scientifique de ces différents programmes. Si vous désirez plus d’informations sur l’histoire de ces programmes vous pouvez consulter la partie publique du site.

DSDP/IPOD

Le navire de forage Glomar Challenger

Le navire de forage D/V Glomar Challenger

Le Deep Sea Drilling Project (DSDP, 1968-1983) était coordonné par la Scripps Institution of Oceanography de l’Université de Californie à San Diego et était mené à bord du D/V Glomar Challenger, un navire spécialement construit pour les forages océaniques scientifiques et opéré par la Global Marine Incorporation. Le programme était financé par l’U.S. National Science Foundation (NSF), par l’intermédiaire d’un contrat avec l’Université de Californie, dans le cadre du National Science Foundation‘s Ocean Sediment Coring Program.

La planification scientifique du programme était gérée par un groupe consultatif, la Joint Oceanographic Institutions for Deep Earth Sampling (JOIDES), regroupant environ 250 scientifiques internationaux issus d’institutions académiques, d’agences gouvernementales ou d’industries privées, et constituant 24 comités, panels et groupes de travail. Au début du programme (1968-1975), les entités membres du groupe JOIDES étaient toutes américaines, on trouvait :

  • L’observatoire géologique Lamont-Doherty de l’Université de Columbia
  • L’école Rosenstiel de science marine et asthénosphérique de l’Université de Miami
  • L’institut océanographique de Woods Hole
  • L’institut d’océanographie Scripps de l’Université de Californie
  • Le département d’océanographie de l’Université de Washington
  • L’institut de Géophysique d’Hawaï de l’Université d’Hawaï
  • L’école supérieure d’océanographie de l’Université de Rhode Island
  • L’école d’océanographie de l’Université d’état de l’Oregon
  • Le département d’océanographie de l’Université du Texas A&M (TAMU)

En octobre 1975, l’Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni, l’Union Soviétique et la France ont intégré le programme DSDP au côté des États-Unis. Le programme a alors changé de nom pour devenir l’International Phase of Ocean Drilling (IPOD). Chaque nation participait alors activement à la planification du programme via le consortium JOIDES. La France était représentée par le Centre National pour l’Exploitation des Océans (CNEXO) au sein de ce groupe.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page du programme DSDP (http://www.deepseadrilling.org/about.htm) ou la partie publique de notre site consacrée au programme DSDP/IPOD.

ODP

L’Ocean Drilling Program (ODP, 1985-2003) s’est ouvert vers l’international avec la contribution majeure de 19 pays : les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni, le consortium Canada/Australie et l’European Science Foundation Consortium for Ocean Drilling (ECOD) regroupant 12 pays européens (avec comme membres permanents la Belgique, le Danemark, la Finlande, l’Islande, l’Italie, le Pays-Bas, la Norvège, l’Espagne, la Suède et la Suisse). L’URSS n’a fait partie du programme que de 1991 à 1993. Le Taipei chinois et la Corée du Sud ont intégré le consortium Canada/Australie en 1996 formant ainsi le Pacific Rim Consortium (PacRim), et la République Populaire de Chine a intégré le programme en 1998. Les opérations de ce programme étaient financées par l’U.S. National Science Fondation (NSF) et ses agences partenaires internationales, et étaient menées à bord d’un navire de forage conventionnel, le JOIDES Resolution. Cette internationalisation du programme a demandé une structure plus complexe que celle du précédent programme.

Le navire de forage JOIDES Resolution

Le navire de forage JOIDES Resolution

La supervision et la coordination du programme étaient gérées par l’ODP Council, un comité consultatif réunissant des représentants de l’ensemble des pays membres. La direction scientifique du programme était à la charge du Joint Oceanographic Institutions for Deep Earth Sampling (JOIDES) qui regroupait des représentants des institutions académiques et gouvernementales des pays membres du programme (http://www-odp.tamu.edu/odpwww.htm). La France était représentée au sein de ce groupe par l’Institut Français de Recherche et d’Exploitation de la Mer (Ifremer) jusqu’en 2000 puis par l’Institut National des Sciences de l’Univers – Centre National de la Recherche Scientifique (INSU-CNRS). Le JOIDES établissait les objectifs scientifiques du programme et planifiait les expéditions via une structure complexe regroupant de nombreux scientifiques et ingénieurs dans divers comités, panels et groupes de travail; la Science Advisory Structure (SAS) (http://odplegacy.org/program_admin/sas.html).

La gestion scientifique et technique du programme était à la charge de deux universités : l’Université du Texas A&M (TAMU) qui était le Science Operator chargé de la gestion scientifique (gestion du JOIDES Resolution, recrutement des équipes, maintenance des laboratoires, gestion des carottes, publication des résultats, etc.) et l’observatoire géologique Lamont-Doherty (LDEO) qui était le Wireline Services Operator chargé des opérations de logging et de la gestion de la base de données des Site Survey.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page du programme ODP (http://odplegacy.org/program_admin/default.html) ou la partie publique de notre site consacrée au programme ODP.

IODP (2003-2013)

L’Integrated Ocean Drilling Program (IODP, 2003-2013) était financé en 2009 par 25 pays : les États-Unis (NSF – U.S. National Science Foundation) et le Japon (MEXT – Japan’s Ministry of Education, Culture, Sports, Science and Technology) étant les financeurs majeurs, le Consortium Européen ECORD (regroupant 17 pays européens et le Canada) étant un membre contributeur, et la République populaire de Chine (MOST – People’s Republic of China Ministry of Science and Technology), la Corée du Sud (KIGAM – Korea Institute of Geoscience and Mineral Resources), le Consortium Australie/Nouvelle Zélande (ANZIC – Australia-New Zealand IODP Consortium) et l’Inde (MoES – Ministry of Earth Science) apportant un financement complémentaire (membres associés). Le Brésil (CAPES – Coordination for Improvement of Higher Education Personnel) a intégré le programme en tant que membre associé en 2012.

Structure du programme IODP (2003-2013) – Cliquez pour agrandir

Les objectifs scientifiques de ce programme étaient définis dans l’Initial Science Plan intitulé Earth, Oceans and Life et s’articulaient autour de trois grandes thématiques : l’eau et la vie à la subsurface du plancher océanique, la géodynamique et les cycles de la Terre solide, et les changements environnementaux. Ce programme mettait en œuvre 3 plates-formes de forage : Le JOIDES Resolution, un navire conventionnel (non riser) déjà utilisé dans le cadre du programme ODP (cf. précédemment) et opéré par les États-Unis, le Chikyu, un navire moderne (2007) équipé d’un système de riser adapté de l’industrie pétrolière et opéré par le Japon, et les plates-formes spécifiques ou MSP (brises-glace, drilling barges, jack-up rigs, etc.) utilisées dès 2004 et opérées par le consortium ECORD.

La direction générale du programme était à la charge de l’IODP Management International (IODP-MI), une corporation sous contrat avec la NSF et rassemblant des représentants des institutions académiques et gouvernementales des pays membres du programme. IODP-MI s’appuyait sur une structure d’évaluation scientifique (la SAS pour Science Advisory Structure), un ensemble de comités et panels regroupant une centaine de scientifiques et ingénieurs internationaux, et sur une structure opérationnelle (l’OPF pour Operations Task Force), et consultait les opérateurs des plates-formes (IOs ou Implementing Organizations) pour sélectionner et programmer les expéditions de forage. Plusieurs groupes de travail (IODP Task Force) étaient chargés de la supervision des développements technologiques, des publications, de la mission éducative et médiatique du programme, des données de site survey, et des carothèques, en accord avec la SAS et sous le contrôle d’IODP-MI.

Principe du « pot commun » dans la structure du programme IODP (2003-2013) – Cliquez pour agrandir

Du point de vue du financement, les coûts d’opération des plates-formes (POCs, Platform Operation Costs) étaient supportés par les agences qui les mettaient à la disposition du programme (NSF – JOIDES Resolution, MEXT – Chikyu et ECORD – MSP). Les coûts scientifiques associés à ces opérations (mesures spécifiques, publication des rapports initiaux, bases de données et carothèques, etc.) regroupés sous le vocable SOCs (Science Operation Costs) étaient financés par un « pot commun » (IODP commingled funds) alimenté par l’ensemble des partenaires internationaux. Ces fonds communs étaient gérés par l’Ocean Drilling Program Office de la NSF.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page du programme IODP (http://www.iodp.org/integrated-ocean-drilling-program-planning) ou la partie publique de notre site consacrée au programme IODP.